Date : 1 juin 2016
Lieu : Parlement Européen, Bruxelles

Willem Pieter De Groen, chercheur associé du CIRFC, a assisté au colloque universitaire de l’EACB sur le thème de la différence coopérative dans le secteur bancaire qui se tenait le 1er juin à Bruxelles.

Au cours de la conférence, organisée par l’European Association of Co-operative Banks (EACB), les dernières recherches sur les banques coopératives en Europe ont été présentées. Le directeur général de l’EACB, Hervé Guider, a souligné que les banques coopératives sont encore sous-représentées dans la littérature académique sur le secteur bancaire. Ce fut l’une des principales raisons pour lesquelles, pendant les cinq dernières années, l’Association a organisé son propre événement annuel afin de rassembler les chercheurs et de soutenir la recherche avec son propre groupe de réflexion.

Le secteur bancaire coopératif semble être en transition – souligna le Prof. Hans Groeneveld lors de sa présentation sur les développements dans le secteur européen de la coopérative bancaire. D’une part, de nombreuses banques coopératives ont récemment changé leur structure de gouvernance (par exemple Banche Popolari, BCC, Crédit Mutuel, OP, Rabobank, RZB, UNACC, etc.) et ont soit amélioré leur rentabilité, soit répondu à des demandes de réglementation ou de surveillance. D’autre part, les banques sont également en train de changer leurs opérations. Les banques coopératives qui ont traditionnellement un nombre relativement important de bureaux, interagissent de plus en plus numériquement avec leurs clients. Cela entraine une baisse du nombre de bureaux de banques coopératives, qui se traduit par une amélioration de l’efficacité opérationnelle.

Dans l’ensemble, les banques coopératives continuent d’être plus résistantes que les autres banques en matière de performance. En particulier, les rendements des capitaux propres étaient relativement forts à la suite des crises financières et économiques. Prof. David Llewellyn qui a examiné pourquoi les coopératives avaient été plus performantes que les autres banques, a fait valoir que la culture, ainsi que la confiance dans l’organisation, étaient des facteurs importants. Par exemple, les coopératives seraient moins orientées sur le profit à court terme, limiteraient les conflits clients-actionnaires, prendraient moins de risques et seraient plus actif dans la relation bancaire. Ces indicateurs importants étant plus difficiles à mesurer sont insuffisamment pris en compte dans le cadre législatif post-crise. En effet, seulement quelques pays, comme les Pays-Bas, ont intégré ces éléments qualitatifs dans les pratiques de surveillance.

Bien que les coopératives soient d’importants financeurs de PMEs, de nombreuses petites banques coopératives en particulier, n’ont pas été en mesure de participer à des programmes gouvernementaux pour fournir aux PMEs un financement (moins cher). Frank Lang du Fonds européen d’investissement a présenté un nouvel instrument que les petites banques pourraient utiliser pour améliorer les prêts aux PMEs. Ce nouvel instrument permettrait d’améliorer le financement des PMEs et de cibler les petites banques, comme les coopératives. La principale différence avec une garantie de crédit alternative est que le mandat européen pour le renforcement de la gestion du risque ne nécessite pas de garantie.

Enfin, Giorgio Caselli a reçu le Prix des jeunes chercheurs. Dans son article primé, il a exploré la réactivité des institutions financières à actions (shareholder value) comparativement à celles mutualistes (stakeholder value) telles que les coopératives et les caisses d’épargne, face à l’évolution de la politique monétaire. Les résultats suggèrent que les banques mutualistes sont moins susceptibles de modifier leur prise de risque dû à des changements dans la politique monétaire.

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