Compte-rendu
L’instabilité des modèles d’affaires met-elle en péril la stabilité des banques? Evidence sur les données européennes

Date : 24 mai 2017 – 11h à 12h30
Lieu : HEC Montréal, Montréal

Présenté par Valerio Pesic, Professeur, Department of Management, Sapienza University, Rome

Au cours des années ayant précédé la Grande Crise Financière, le secteur bancaire, initialement conservateur et très réglementé était devenu très dynamique, apparenté aux casinos, et offrant des emplois très bien payés. La profitabilité des banques était passée de 5% environ à 10% ou même à 25% dans certains cas. En rétrospective, la Grande Crise Financière de 2007-2009 était un retour à la dure réalité que ces niveaux de profit étaient insoutenables étant donné qu’ils impliquaient des risques largement non gérables par les banques elles-mêmes. En effet, très souvent les banques atteignaient ces profits en changeant leur approche des affaires pour prendre des risques excessifs, que les indicateurs réglementaires ne détectaient pas. Une importante leçon de la crise est que la performance des banques ne peut être mesurée uniquement par le profit. Il faut prendre aussi en compte le risque associé au niveau de profit. A cet effet, le Z-score proposé en 1968 par Altman est l’une des mesures les plus répandues du risque ajusté à la performance. Il est aussi appelé la distance au défaut. Ce papier étudie l’effet sur le Z-score d’une banque d’un changement de son modèle d’affaires. Se basant sur l’étude de Ayadi et al. (2016), qui identifie les modèles d’affaires des banques européennes, nos analyses empiriques indiquent clairement, après avoir contrôlé pour les autres déterminants, que la stabilité des modèles d’affaires augmente la stabilité globale des banques, ou leur solidité, alors que les banques qui changent de modèle d’affaires semblent être plus proches du défaut. L’implication pour les décideurs est que le changement de modèle d’affaires peut amener les banques à prendre de nouveaux risques auxquels elles n’étaient pas préparées. Les régulateurs et superviseurs devront donc prêter une attention particulière aux changements de modèles d’affaires.