Mot de la directrice du Centre internationale de recherche sur la finance coopérative de HEC Montréal, Professeure Rym Ayadi

« Les coopératives et les institutions financières mutualistes sont un pilier fondamental de la diversité institutionnelle, ce qui les rend de vrais contributeurs à la stabilité systémique et au développement économique. »

La crise financière de 2008 a ébranlé les fondements des systèmes financiers modernes dans le monde entier. Des décennies de pensée conventionnelle soutenant la suprématie du modèle à court terme de la valeur actionnariale, des grandes capitalisations, de l’efficacité des marchés ainsi que de réglementations et supervisions superficielles ont été mises à rude épreuve après avoir mené à des pertes importantes de valeur économique pour les sociétés modernes et à une montée spectaculaire des inégalités partout dans le monde.

Un modèle de services financiers durable

La course à l’homogénéité des systèmes financiers résultant d’un amalgame d’études économiques alignées vers le courant dominant, et de politiques, de législations et de perceptions du marché, s’est révélée être une aberration du système, qui est par essence diversifié sur bien des plans. La diversité se traduit par la coexistence de plus d’une forme d’organisation de la finance, telles que les institutions financières à actions (shareholder value) comparativement à celles mutualistes (stakeholder value), chacune étant pourvue d’intérêts et d’une vision différents de la contribution à l’économie et à la société dans son ensemble. Le concept de diversité dans les systèmes financiers a été introduit pour la première fois dans « Investigating diversity in the banking sector in Europe: key developments, performance and role of cooperative banks » (Ayadi et al., 2010).

Une forme organisationnelle distincte, qui a survécu pendant plusieurs décennies malgré la course collective à l’homogénéité des systèmes financiers, est la forme coopérative et mutuelle dans la finance. Les connaissances portant sur cette forme organisationnelle sont limitées en raison du manque d’informations et de données.

Recherche théorique et empirique du CIRFC

La recherche théorique et empirique du CIRFC est dédiée à explorer les conditions pour atteindre un système financier durable, qui soutient l’économie, la société et l’environnement en mettant l’accent sur le rôle de la finance coopérative et mutualiste et d’autres formes financières émergentes à travers le monde. Les axes de recherche suivants seront examinés :

  1. Gouvernance, performance, gestion des risques, éthique et modèles d’affaires;
  2. Diversité, concurrence, efficacité, innovation, stabilité systémique, développement économique et régional, inclusion financière et sociale et inégalité;
  3. Examen des liens entre la politique et la finance, les tendances au niveau de la réglementation et de la supervision, leurs impacts et les actions recommandées.

La couverture géographique du CIRFC comprend l’Europe, les États-Unis, le Canada, l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique.